Robert Cavaillés : " Ma retraite m’a ramené à la poésie "

Robert Cavaillés :

Robert Cavaillés, l'auteur du livre " Orgue et clairon" a pris quelques minutes pour répondre à nos questions. Son livre est actuellement en promotion chez Best Seller Consulting.

 

Qui êtes-vous, Robert Cavaillés  ?

Retraité, ancien prêtre, ancien secrétaire général de Rectorat. A l'issue d'études supérieures variées ( lettres classiques, histoire et géo, sociologie générale, philosophie et théologie) poursuivies en parallèle au Grand Séminaire et à la Faculté des lettres de Toulouse, dès 1966, j'ai exercé des fonctions d'enseignant et d'Aumônier à Carcassonne. En 1972,  j’ai opté pour l’éducation nationale où j’ai exercé des fonctions d’administration de divers établissements secondaires, en Aquitaine principalement. Affecté en 1991 au rectorat de Bordeaux, j'y ai exercé en tant que Directeur des Personnels avant d'etre affecté au secrétairiat général de l’Académie de Bordeaux.
Entretemps, je n'ai jamais céssé de peindre et sculpter et de pianoter, mes passions depuis l'enfance. Ma retraite m’a ramené à la poésie. J’ai alors publié plusieurs recueils de poésie néoclassique.

 

 

Quel est le thème central de votre livre ?

Le personnage principal, jeune séminariste, effectue son service militaire dans le contexte très tendu de la guerre d'Algérie, rencontre non désirée avec une réalité rude et prégnante. Le choc provoque un retour sur soi, la nécessaire analyse d'une enfance et d'une adolescence marquées par une éducation très spéciale et très « formatée ».
Il réfléchit sur la portée de son destin et se pose les questions fondamentales qui détermineront plus tard son existence.Sa vision de l'armée en prend un coup, tandis que son humanisme met en doute sa vocation de prêtre. Son passé ressurgit, il évoque les jours anciens, ses souvenirs, son enfance, ses parents, ses premières amours, ses amis. A-t-il vraiment choisi sa voie, ou lui a-t-elle été suggérée par d'autres ? Sans perdre pour autant la foi, il regarde désormais l’Eglise d’un œil neuf, bien peu dogmatique tandis que prend théologiquement le dessus la donnée protestante de sa famille confessionnellement mixte.

 

Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

« J’ai trottiné ma vie comme au jeu des petits chevaux. Chaque lancer de dés est déterminant, rattrapable quelquefois, réversible, jamais, si bien qu’au milieu de la partie on ne sait plus trop ce que fut le début dont pourtant tout découle. Un jour, sans que vous n’y attachiez la moindre importance, vous posez ou quelqu’un pose pour vous, une décision, un geste, une attitude. C’est fait, vous n’y pensez plus, pour vous tout est fini. En réalité tout commence. Vous croyez la chose inerte et contrôlée, elle vous échappe. Elle a pris ses quartiers en vous et y mène sa propre vie, à votre insu. Elle a ce qu’il faut en elle de force, d’intérêts et de nourriture. Elle est devenue une habitude, pire, des habitudes car elle a su se créer des semblables. Moins vous lui prêtez attention et plus elle forcit. Elle a pris les commandes, si discrètement que vous ne saurez plus qui elle est, d’où elle vient, ni même si elle est là. Un geste par nature évanescent peut devenir constitutif de vous-même ! »


Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Ce serait une symphonie,
    ⁃    soit la « pastorale » de Beethoven, danse des bergers et orage compris, à cause de l'écriture  en forme de voyage intérieur dans lequel les paysages et les monuments, revisités par un œil de peintre et un cœur de poète, jouent le rôle d'éveilleur de conscience.
    ⁃    soit, du même, « la symphonie du destin » car, ici, surgis en masse, événements, rencontres, souvenirs, paysages, couleurs, musiques renvoient le héros à son passé et, progressivement, comme on découvre en l’épluchant le cœur d’un oignon, il réalise de quels procédés il est le fruit.
    ⁃    Ou encore, à cause du but qui ne sera que bien plus tard atteint, le « Jésus, que ma joie demeure ! » de Jean-Sébastien Bach. 5 - Qu’aimeriez-vous partager avec les lecteurs en particulier ?
    ⁃     L'amour de la nature, de la vie, des frères humains, de l'écriture, des arts et de la mesure, bref, ce que l'on appelle encore parfois l'humanisme.

 

Si vous deviez faire passer un seul message au travers de votre livre, quel serait-il ?

Chaque personne a vocation à devenir peu ou prou l'être intime qui se cache en elle. Deux préalables commandent cette démarche, d'abord, selon le conseil de Socrate, chercher à se connaître soi-même en éxaminant de manière critique et aussi impartiale que possible les fondations sur lesquelles le sort a posé les premiers éléments de la construction, ensuite en essayant d'aboder l'autre comme un autre soi-même, c'est-à-dire en cherchant la personne profonde au-delà des apparences et en dépit des rôles et masques sociaux ou culturels qui cachent sous les strass ou les impuretés les richesses.

 

Si vous deviez définir votre livre en 2 mots aux lecteurs, que diriez-vous ?

Il s'agit d'une « autofiction » poético-philosophique sur la genèse de celui que j'étais devenu pour un temps sans trop le vouloir et sans trop le savoir.

 Le 4 avril je recevrai des mains de Monsieur Alain Jupé, le prix littéraire que me décerne ARDUA (Association régionale des diplômés des Universités d’Aquitaine) pour « ORGUE ET CLAIRON ». ARDUA décerne annuellement deux prix, un grand prix et un prix « première réalisation ».
En 2016 le grand prix va, pour l’ensemble de son œuvre, à Erri De Luca déjà prix Fémina étranger en 2002 et prix européen de littérature en 2013, le prix « première réalisation » va à mon premier roman publié par l’Harmattan.

 

 

Robert Cavaillés

Orgue et Clairon

Editions l'Harmattan

 

 

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